Le football, une institution-modèle
pour notre pays
Par Dr. Osni Eugène
Enjeux et stratégies
En guise de contribution à une prise de conscience des Haïtiens sur
l’importance de la question de compétitivité pour l’avenir de notre
pays. Mais nous tenons à dire que cette prise de conscience ne connaîtra
le jour que si, et seulement si elle est cultivée dès le plus jeune
âge dans les institutions (famille, école, club, quartier…) individuellement
et collectivement par le biais de l’éducation générale.
Et nous répétons encore avec force que la question de notre compétitivité
ne trouvera sa vraie réponse que dans la transformation de notre mentalité,
cet “ensemble de croyances, de comportements, d’attitudes et d’habitudes”,
qui caractérise notre état d’esprit de peuple et qui détermine également
nos choix de projets de société. Nous affirmons ainsi que mentalité
compétitive et sportivité sont intimement liées. Et notre sport-roi
peut être alors compétitif si nous savons prendre le temps de bien
faire les choses rationnellement et de nous donner tous les moyens
d’y parvenir.
Sportivité et compétitivité
Qui dit alors compétitivité sportive dit rentabilité économique pour
l’institution toute entière. Et le football étant une institution
nationale, nous pouvons imaginer les mille et une retombées directes
et indirectes sur nos entreprises de production de biens et de services.
Car, si sur le plan physique, le football est compatible avec les
caractères anthropométriques du jeune Haïtien, il concerne en outre,
tout le peuple haitïen, toutes classes sociales confondues. Et cette
prise en charge se concrétisera réellement par notre compétitivité
tant à l’echelle régionale qu’internationale.
Il va falloir pour cela une véritable révolution structurelle de
l’institution foot-balistique en fonds et forme (organisation, formation,
installation, financement etc.). Ainsi donc la première tâche du Comité
Exécutif ne serait-il pas la mise en place de toutes les structures
susceptibles de contribuer à la compétitivité de notre football suivant
un plan international qui couvrirait surtout la province, ce réservoir
des valeurs sportives et sportivistes. Avec l’élaboration d’un programme
progressif et progressiste étalé sur une période de douze ans environ:
soit un court terme 2004-2008; un moyen terme 2008-2012; un long terme
2012-2016.
La compétitivité du football sera certes un atout important tant
pour sa propre rentabilité économique que pour la formation compétitive
de la jeunesse haitïenne avec tout ce que cela comporte de bénéfique
pour le grand secteur social (éducation, santé, culture).. Tous les
footballeurs deviendront conséquemment le moyen et la fin de cette
grande ambition de conquête de la compétitivité haïtienne par l’explotation
de cet “avantage comparatif qu’il partage avec tous les pays à longue
et grande tradition foot-balistique florissante“. Il s’agit de la
socio-bio-typologie sportive.
En effet la jeunesse sportive haïtienne de “haute compétition” de
“haut niveau” ou “d’élite” localement reconnue vient des milieux majoritairement
défavorisés où se recrutent en général nos meilleurs athlètes et en
particulier nos meilleurs sportifs footballeurs. Cette jeunesse se
distingue surtout par son talent (sans encadrement aucun) et possède
génétiquement et racialement de bonnes qualités physiques et psychiques
de base, soit non exploitées ou mal exploitées par défaut de compétence
en détection, orientation, sélection, adaptation et réadaptation.
Vision et institutionnalisation
Aussi l’institutionnalisation démocratique de consensus national
devrait concourir indispensablement, par l’acquisition de la totalité
des moyens de notre ambition, au plein succès d’un telle entreprise
de prise en charge. Et puisque le football est une entreprise économique
, sa croissance requiert d’abord un environnement fiable et stable
en termes de sécurite publique , de codes investissement ou de lois-cadres
liés à une bonne politique du sous-secteur jeunesse et sport.
A ce titre, une conférence nationale sur les états généraux du football
ne serait-il pas nécessaire? Ne serait-ce que pour ces échanges et
partages des connaissances, expériences et compétences entre les divers
secteurs concernés. Mais il reste clairement entendu qu’un tel projet
devrait recevoir dans un premier temps l’aval et l’appui de l’Etat
(secteur public) pour lui pourvoir les fonds de départ de son budget
de fonctionnement (formation, encadrement ) et de développement (infrastructures
et financement) ainsi que des investissements du secteur privé à l’instar
de toute société économique et financière.
Toutefois, le primordial reste et demeure la responsabilité qui incombe
aux décideurs politiques de l’Education nationale, de la Jeunesse
et des Sports qui ont pour mission d’intégrer l’enseignement de l’éducation
physique et sportive dans le curriculum de l’école fondamentale de
l’Haïtien. La pratique du sport engendre chez ses pratiquants la culture
des valeurs physiques, morales, intelectuelles et spirituelles.
Ainsi donc, en cette saison de tumulte politique, économique et social,
notre pays attend du football, un modèle d’institution pour une amélioration
de notre mental, la démonstration d’une haute compétitivité et l’acquisition
d’une bonne rentabilité.
Voilà comment le relèvement du niveau du sport-roi pourrait entraîner
la positivité de notre mentalité, l’esprit de compétitivité chez nos
jeunes, ces futurs entrepreneurs (producteurs et serviteurs inclus)
pour un avenir prospère de notre Haïti.
Et voilà en quoi, le football, par une prise en charge rationnelle
pourrait servir d’institution-modèle tant pour les autres institutions
sportives que ce qui concerne l’économie. Et par une structuration
révolutionnaire bien conçue et gérée dans le temps et l’espace, cette
association sportive deviendrait désormais pour notre pays un atout
politique et économique.
Retenons enfin que, si l’avenir de notre pays dépend de sa compétitivité
et que cette compétitivité découle inévitablement de la transformation
de notre mentalité, cette transformation sera induite par le développement
de notre sportivité. Et l’apothéose ne sera que le résultat de la
“bonne gestion du temps et de l’argent” à investir dans la jeunesse
et le sport pour l’avenir de notre pays.