Mon Pays que Voici...
La
Foi vs l' Eglise
Catholique
Par Mireille
Sylvain-David
P l usieurs
individus dans notre communauté parlent du manque de foi de
certains et de l ' oublie
de la bible par les autres. Ils disent aussi que les prêches éloquents
ne sont plus de mise, et que les hommes de moins en moins rentrent
dans la prêtrise. Ils expliquent ce manque de sacerdoce et
cette apathie envers l ' Eglise
Catholique par les scandaleuses actions homosexuelles de certains
membres du clergé et par l ' influence
de certaines religions traditionnelles qui n ' ont
jamais accepté les abus de la chrétienté .
C e
qu ' ils disent est en partie vraie, mais il existe aussi une autre
réalité.
Car parallèlement à cette apathie, il y a tout un renouveau
qui se fait. Ici à Dade County, le nombre de catholiques et
de protestants a augmenté à cause de l ' arrivée
en masse des immigrants. Les paroisses riches et pauvres débordent
de gens. Spécialement dans « La Petite Haïti » et
les zones latines il y a des milliers et des milliers d ' églises
de différentes dénominations qui ouvrent leur portes.
Mais ce qui est plus important c ' est
la grande dimension du mouvement charismatique dans l ' église
catholique..
T rois a nnées
de cela, un groupe d ' étudiants
de FIU et moi avions entrepris des recherches sur le mouvement charismatique.
Nous avions découvert que les gens lisent de plus en plus
la bible et le renouveau charismatique a touché pas mal d
' églises
Catholiques qui ont, non seulement, accepté le pentecôtisme
mais donnent des séances bibliques très poussées. N ous
avions aussi découvert que les gens prient beaucoup plus qu
' avant, par leurs gestes et leurs chants ils se croient en directe
communication avec l ' Esprit
Saint qui est, d ' après
eux, le sentier de la rédemption, du salut et de la guérison.
D ' après
les statistiques, le charismatique au début attirait les femmes
de petites conditions, les femmes réprimées et les
femmes abusées qui cherchaient un palliatif à leur
isolement social et à leur misère. Mais aujourd ' hui,
on constate que les gens de toutes les classes sociales et de toutes
professions font partie du mouvement. Bien que la majorité des
membres soit encore des femmes, nous avions pu constater que les
hommes aussi y participent. Le nombre de jeunes Latinos et Caribéens
qui participent au charismatique a aussi augmenté, surtout
chez les latinos. Le Campus Ministry de FIU est actuellement dirigé par
des jeunes collégiens qui chaque jour lisent la bible et essaient
d ' instruire
les non croyants.
M a c onclusion
est très hypothétique :
Vont-ils rejoindre la
prêtrise ? ,Je n ' en
sais rien, mais j'ai pu vérifier que leur foi en la Transcendance
n ' a
pas diminué. Face à ces temps périlleux que
nous vivons, je pense que leur foi est peut-être plus grande
qu à l ' époque
pristine ou on ne se servait pas d ' armes
nucléaires et de technologie avancée pour montrer les
guerres et les meurtres sur le petit écran des salons. Ici
je parle seulement des religions chrétiennes, si je devais
parler des religions musulmanes ou islamiques, les lecteurs seraient étonnés
de voir combien certains gens y croient et s ' y
adonnent pour trouver le bonheur et la paix. Tous ces pèlerinages
et voyages en terre sainte et dans les mosquées et à Mecca
sont des preuve tangibles que la notion de foi connaît des
changements profonds.
PS.
Si vous voulez faire partie de cette rubrique envoyez vos suggestions
et notes a Mireille Sylvain-David davidms@fiu.edu
La robe noire d’Anastasie
by Lochard Noel
Il existait, du temps de mon enfance, dans mon
quartier, une dame qui s’appelait Anastasie. Elle aimait les enterrements et tout
ce qui parlait de la mort. Elle portait bien souvent une robe noire
très longue. Anastasie était très mince et avait
un visage osseux bien assis sur son coup. Elle avait peut-être
soixante ans à l’époque.
Je me suis toujours interrogé sur ce personnage un peu différent
des autres. Quand on considère qu’il y avait des enfants
de mon age, et même des adultes qui avaient peur de marcher la
nuit quand une personne était morte dans le quartier, je voyais
très mal quelqu’un s’en aller a toutes sortes d’enterrements,
même si le défunt lui était complètement
inconnu.
Anastasie avait, pour cette raison, une mauvaise réputation.
On disait qu’elle était un loup-garou. Boss Daniel, un
menuisier qui savait confectionner des chaises en bois blanc et des
planchettes à repasser, disait qu’Anastasie lui avait
enlevé son troisième fils l’année dernière.
-imaginez-vous, qu’un matin du mois d’août, Anastasie
s’est levée de très tôt (deux heures du matin),
pour m’enlever mon fils qui n’avait que dix mois. Vous
m’entendez, dix mois.
-Mais pourquoi ne lui avez-vous pas dit de vous remettre votre enfant
? lui demandai-je ?
-il était trop tard, vous voyez ? Il était déjà mort.
-mais l’enfant était malade avant ?
-Pas vraiment. Une simple diarrhée accompagnée d’une
forte fièvre.
-Mais la diarrhée est une maladie grave. Presque tous les enfants
d’Haïti et des pays sous-équipés meurent de
cette maladie
-Qu’est-ce que tu racontes, je te dis qu’Anastasie est
un loup-garou. C’est elle qui a mangé mon fils. Et puis
il y a plus, après l’enterrement de mon fils, j’ai
vu Anastasie marcher seule dans la nuit, avec le cordon ombilical de
mon enfant enroulé autour de son coup. Et il y avait dans sa
main droite un biberon et une paire de chaussures de couleur noire.
Je suis sur que c’étaient les chaussures et le biberon
et le cordon ombilical de mon fils.
-Comment as-tu pu scruter tout cela au beau milieu de la nuit ?
-J’ai tout vu, mon cher. Le soir je peux tout voir, sans l’ombre
d’une lanterne.
-C’est vraiment étrange et drôle, lui dis-je.
-Tu trouves, me demanda-t-il ?
-Bien sur. Moi, je connais l’obscurité inquiétante
et peureuse des nuits port-au-princiennes, lui disais-je. C’est
vraiment curieux que tu aies pu déceler tous ces
menus détails.
Et Boss Daniel me regardait d’un air drôle et désolé.
Des larmes de sang lui coulaient des yeux et son visage était
bien triste.
-Qu’est-ce qui t’arrive, tu as le visage blême, lui
disais-je ?
-A chaque fois que je pense à mon fils, j’ai l’âme
en peine et j’ai envie de mourir.
-Je te comprends très bien, lui dis-je.
-Que dois-je faire ? Qu’est –ce que tu m’aurais conseillé,
me demanda Boss Daniel ?
-Je ne sais pas, lui disais-je. Vraiment je ne sais pas.
Deux jours à peine se passèrent et l’on a trouvé le
corps d’Anastasie au bord de la mer, une corde au coup.
Elle a laissé quatre enfants et trente deux petits-enfants.
Hélas !!!
Lochard Noel
TENDRE HOMMAGE : POEMES- SUR CD
NOMBRE DE POETES : 14
NOMBRE DE POEMES : 16
DISEURS : GERARD CAMPFORT ET JEAN CLAUDE EXULIEN
COLLECTIONS :HONNEUR DES ARTS
DATE DE PARUTION : Mai 2004
LITTERATURE :
Voix d’orateur et d’acteur de métier, Jean-Claude
Exulien n’a perdu ni le souffle ni l’inspiration, ni la
tendresse,ni la révolte, voire l’élégance
qu’on avait toujours reconnues en lui quand il faisait parler
de lui sur les planches de l’institut français d’Haïti
ou au Rex Théâtre, pendant les années terribles
du fascisme sous-développé des Duvalier.
Au cours de ses années d’exil impie,(1976...) Jean Claude
continuait, et continue encore de militer comme « acteur » politique
et s’est montré rarement sur la scène( sauf dans
le cas de Liberté ou la Mort de Jean Mapou, ou il interprétait
le rôle de Boukman)
Avec ce même souffle, aujourd’hui encore, en collaboration
avec le docteur en philosophie, l'ecrivain, poete, l’encyclopédiste,
et intellectuel de haut calibre, Gérard Campfort, Jean Claude
interprète une quinzaine d’auteurs haïtiens dont
:
Jacqueline Beauge, Josaphat Robet Large, Claude Pierre, Charles Moravia,
Pierre Mayard, Lochard Noël, Marcel Dauphin, Amédée
Brun, Roland Chassagne, L Tavernier, Bonard Posy et Jean Max Calvin.
Dans son texte d’introduction qu’il a lui-même dit,
Gérard Campfort nous présente, dans un style châtié et
profond dont il a la magie, quatorze écrivains de style et de
tendance différents.
Tendre Homme, c’est un petit joyau à avoir
Lochard Noel
 |
EGAREMENT
Aveuglés, ils se démènent
tous au bord de la falaise, qui pour un besoin, qui
pour
un rêve ou une conviction.
D’aucuns admettent de lutter
pour la liberté, l’égalité, le
pouvoir ou la gloire.
Certains crient: « Nous
sommes malades. Nous avons faim. Nous sommes
bafoués.
Nous voulons du respect. Sécurité. Justice.
Amour. Paix ».
D’autres réclament: « De
l’or. Nous voulons de l’or. L’argent. L’or ».
Ou
encore: « Nous voulons de la connaissance. La vérité.
Dieu».
Et ils continuent à se
battre, sourds, aveugles, sans se rendre compte que la
chaîne
s’est brisée, que les maillons se perdent.
Fred Thomas |
La Mer
La mer joue a la guitare de ses chimeres
au bout du chemin
ou les fleurs frisonnent
on dirait des gosses dans le froid.
iL Pleut des mots au bout des reves
Il pleut des mots dans le coeur des nuits en folie
A LA NUIT, comme a une randonnee
A la nuit comme a une fiesta
La mer est une blessure des saisons vestiges.
ANDRE FOUAD