HAITI ET LA LUTTE CONTRE LE SYNDROME DE L'IMMUNO DEFICIENCE ACQUISE (SIDA)
Par Dr. Frantz Delva
Nous sommes en Décembre 2004, Haiti , aussi dénommé Afrique de l'Amérique, reste encore un pays endémiquement attaqué par le virus de l'Immuno Deficience Humaine (VIH). Ce premier Décembre 2004, alors que nous marchons en Haiti à grand pas vers l'entropie administrative, sociale et politique, les chiffres de statistique de Santé publique nous rendent encore plus semblables au continent Africain.
Selon L'enquête Mortalité, Morbidité et l'Utilisation des Services (EMMUS 111) le SIDA est considéré aujourd'hui comme un problème de santé publique et constitue un sujet de préoccupation majeure. Durant ce troisième Millennium, le VIH/SIDA s'actualise comme une épidemie généralisée. Dans les Caraibes , Haiti est le plus touché par le SIDA. Selon les dernières enquêtes, 280,000 cas ont été revélés à la fin de l'année 2003 (UNAIDS, 2004). En dépit du fait que la prévalence de cette maladie a connu une certaine dimunition parmi les femmes, cependant, l'incidence reste encore très haute quand nous comparons les chiffres relevés en Haiti par rapport aux pays des Caraibes. Par exemple, une étude récente de l'épidemiologie de la population révéle que tout le peuple Haitien est exposé à ce virus. Les chiffres de prévalence moyenne pour les femmes qui fréquentent les cliniques anténatales montre qu'il y a eu une certaine amélioration de 4.5% en 1996 à 2.8% en 2003-2004 (Ministère de la Santé Publique et de la population Haiti, et al., 2004). La prévalence de VIH parmi les femmes enceintes agées de 15 à 24 ans semble connaitre un certain déclin par une magnitude similaire aux femmes de tous les âges durant la même période de 3.64% à 2.8%.
La récente enquête a aussi révélé que le mode de transmission du virus SIDA n'a pas changé, il reste essentiellement hétérosexuel (Delva, 2004). Les maladies sexuellement acquises ou infections sexuellement transmissibles (IST) présentent une incidence et prévalence très élevées. Les responsables du Ministère de la Sante Publique et de la Population (MSPP) ainsi que les recherches des Medecins Haitiens concernés de AMHE Chapitre de la Floride, se sont mêlés aux groupes de Chercheurs Americains (Closing de Gap) et présentent les recommendations suivantes pour la réduction progressive de cette épidemie en Haiti:
L'ampleur du SIDA en Haiti doit se résoudre par la Sante Culturelle, car des tabous et croyances fortement ancrés causent la persistance du SIDA et les IST dans toute l'étendue du territoire nationale.
L'étiologie principale trouve assise dans le faible niveau d'instruction de la population; en d'autres termes, il nous faut plus de campagne d'information publique sur le SIDA et l'IST
La dégradation de l'écologie Haitienne à savoir Mapou, Gonaives et d'autres parts Ciclone Jeanne etc.
La dégradation progressive et soutenue de la situation socio-économique qui accentue la misère dans les zones urbaines et la pauvreté dans les zones rurales.
Des mouvements migratoires qui continuent à entrainer une "bidonvillisation" croissante des principales villes du pays.
Le retour forcé en Haiti des Haitiens non-immigrants par le Département de l'Immigration Americaine.
La faible prise en charge des IST et des personnes qui vivent avec le VIH.
Pour réduire les risques d'acquérir le VIH , il faut une méthode scientifique qui permettra aux investigateurs et scientistes d'apprécier les connaissances, attitudes et comportements des Haitiens vis-à vis du VIH et des IST.
Pour pouvoir informer la population, il faut un travail qui permet de détecter le niveau des connaissances de l'existence du VIH/SIDA et des IST, des moyens de prévention et de ses modes de transmission. C'est ce niveau de connaissance de l'existence de cette maladie qui pourra conditionner l'attitude et le comportement des personnes et les aider à adopter les moyens de prévention . Même si près de 97% connaissent la présence du SIDA, cependant seulement 38% savent comment se protéger. Dans l'Artibonite, le chiffre des personnes n'ayant pas adopté des mesures de prévention s'élève jusqu'à 60%.
Pour les modes de transmission, jusqu'à présent après deux décennies de l'existence de cette épidemie, une femme sur cinq (20%) pensent encore que le SIDA peut être transmis par la sorcellerie. Qui pis est, seulement 58% des Haitiennes enquêtés savent très bien les modes de transmission du SIDA. Pour les hommes, nous avions trouvé un pourcentage important (27%) qui ne savent pas encore les modes de transmission. Pourtant plus de 44% des hommes connaissent une personne ayant le VIH ou qui est morte du SIDA.
Beaucoup d'Haitiens ne sont pas encore informés du risque que l'on court de contacter le VIH/SIDA, alors que cette perception pourrait bien les conditionner à l'adoption de comportements sécuritaires. Près de 81% des hétérosexuels Haitiens estiment qu'ils ne courent aucun risque de contacter le VIH/SIDA. Les plus jeunes (15-19) ans sont les plus incrédules. Quand nous leur avions expliqué que les risques de contacter cette maladie augmentent de façon significative avec le nombre de partenaires sexuels, ils étaient surpris. Seulement 16% des hommes questionnés parlent de l'utilisation des condoms comme raison d'être à risque nul, et plusieurs pensent que leurs partenaires étant fidèles, ils n'avaient pas à se préoccuper de l'usage de condoms.
S'agit-il du comportement sécuritaire pour éviter de contacter le VIH/SIDA, les femmes déclarent qu'elles n'ont pas changé de partenaires sexuels; ce qui leur donne une assurance certaine sur leur comportement prévention SIDA.
L'utilisation du condom n'est citée que par 3% des femmes et n'a été citée que par les femmes en union sans cohabitation surtout celles du milieu urbain.
Quant à l'aspect social de la prévention du SIDA ou encore la prise en charge du VIH/SIDA, plus de 20% des femmes et 19% des hommes estiment qu'ils devraient pouvoir garder le silence. Dans le groupe des femmes vivant en concubinage, cette confidentialité est plus faible dans les zones du Nord Ouest. Plusieurs femmes pensent que leurs enfants agés de 12-19 ans doivent être instruits sur l'utilisation du condom.
En 2004, la position de la population Haitienne sur la question de Test du VIH/SIDA: “orasure”, et “rapid testing”, les hommes (70%) préférent le “rapid testing”, alors que les femmes (67%) optent pour l'orasure et 11% réclament d'autres formes de test. Une infime minorité des femmes (4%) ont declaré avoir été testées pour le VIH/SIDA. Presque tous ces tests ont été effectués dans le secteur privé.
Pour les infections sexuellement transmissibles, la connaissance est importante surtout quand nous avions appris que plus de 66% de femmes et 65% d'hommes n'ont pas entendu parler d'IST. Tous pensaient que c'est seulement le SIDA qu'il fallait éviter; ils ne savaient rien de l'importance des autres maladies sexuellement transmissibles à savoir chlamydia, infection de pelvis, herpes, et gonorrhea.
Par Dr. Frantz Delva
AMHE Secretaire
Chapitre Sud de La Florida
VIH/SIDA
Département de Sante Publique
Floride