HAITI ET LES QUATRE NOUVELLES ANNEES DU PRESIDENT GEORGES BUSH
par Adyjeangardy
Haiti se prépare à une nouvelle avancée politique américaine à plusieurs niveaux avec Condelezza Rice, la nouvelle patrone du State Department, qui sous les dictées du président Georges Bush imposera dans les prochaines semaines des lignes différentes aux plans de la galaxie Latortue, apres avoir gagné les Elections à l'arraché. L'opinion nationale en Haiti reste craintive, désunie et dressée dans l'attente des nouvelles orientations que le président Bush pourrait adopter. A Port-au-Prince , on essaie au Palais National d'identifier les véritables priorités.
A mon avis, la nouvelle administration Bush va d''abord tenter de reprendre en main les affaires confiées à de multiples petites armées étrangères (Chine exceptée), 2o) rebatir l'économie avec un plan agressif de privatisations au profit d'un certain nombre de compagnies américaines qui attendent depuis dix ans 3o) ralentir considérablement l'insécurité, violence contre violence en utilisant des groupes locaux 4o) gerer l'instabilité au pouvoir à Port-au-Prince, quitte à remplacer qui doit être remplacé, la transition à Port-au-Prince ne dépendant d'aucun individu en particulier dit-on ces jours-ci à Washington, 5o) envisager des Elections crédibles avec l'arrivée au pouvoir d'un nouveau président en Haiti qui soit avant tout un allié et non un autre Chavez ou Tidid 6o) amplifier les renseignements sur le terrain en vue d'identifier les bandes et les gangs en formation susceptibles de bloquer les travaux du Conseil Electoral 7o) augmenter l'emprise des Eglises fondamentalistes sur des franges plus grandes de la population, quitte à diminuer l'influence catholique 8o) infuser des fonds neufs à des investisseurs de haut calibre pour un redécoupage des régions ou la bourgeoisie locale n'a jamais mis les pieds,tout ceci au nom de la décentralisation 9o) empecher une influence trop grandissante de l'Europe sur certains secteurs (les Telecommunications par exemple) et 10e transformer le minuscule Etat d'Haiti (28.000 kms carrés) en un immense marché ou réservoir de produits, en profitant des opportunités offertes par l'Europe (Lomé 4 par exemple).
Les choses vont se faire très vite. Politiquement dans un trimestre, et économiquement à partir du printemps 2005. Ce qu'il faut savoir d'abord c'est qu'avec un solde négatif de la balance des paiements représentant 6% du PIB et un déficit budgétaire de 4%, les Etats-Unis ont besoin aujourd'hui plus que jamais de revisiter leur propre économie en regardant vers des zones pouvant permettre de réalimenter l'épargne américaine sans discussion. La balance des paiements cumule on le sait les transactions courantes qui alimentent les capitaux internationaux appelés en renfort pour couvrir la part de déficit public. Les Etats Unis pendant les quatre prochaines années doivent obligatoirement absorber l'équivalent de 6% de leur PIB en liquidités à partir de l'extérieur. Les privatisations en Haiti rentrent ainsi dans une prévision globale. Le problème demeure l'instabilité dans la sous région, particulièrement en Haiti ou Latortue marque des pas sur place, avec une vision qui tarde à se montrer claire et surtout l'absence d'initiatives politiques et économiques intelligentes, expliquant les têtes coupées ou les têtes à couper. L'absence d'une politique d'information voire de lobbyisme vers le monde extérieur mine sérieusement Latortue et son groupe. Les enfants de choeur semblent attendre la musique pour démarrer. Comme cette demande de mandat d'arret international à lancer contre Aristide. La musique dans les prochaines années risque d'être du hard rock ...
Deja les USA se demellent avec des problemes internes assez graves, tels le terrorisme, la guerre en Irak et en Afganistan, le Patriot Act visant l'immigration de masse, et enfin la fragilité économique avec un taux de chomage elevé et un déficit budgétaire brutal. Deja la guerre qui a fait passer les 122.000 soldats américains déployés en Irak à 500.000 hommes à la fin de cette année 2004 explique des dépenses militaires sans commune mesure que le Pentagone a du consentir, On envisage à Washington un débouclage classique avec une réduction drastique des dépenses humanitaires américaines (ce qui aura un impact certain sur Haiti, trop dépendante de l'USAID), sans oublier la possibilité d'une baisse plus soutenue du dollar américain par rapport à l'Euro (1,40 pour 1 Euro) l'année prochaine, fragilisant davantage l'Amérique aux Bourses, et enfin une forte augmentation des taux d'intérêts américains, qui aura un impact négatif sur les banques haitiennes. Mais ce ne seront que des stratégies de pointes assez courtes (2005-2006). Pour Georges Bush, passer par l'augmentation des taux d'intérêts semble necessaire pour l'avenir, parce que cela permettrait effectivement à l'épargne domestique aux Etats-Unis , jointe à une réduction de l'investissement en territoire américain, d'assurer une plus grande part du financement à l'intérieur du pays de manière durable. Cela pourrait selon la Brookings Institution de Washington affaiblir la croissance de l'Europe dans deux ou trois ans, mieux contrôler les Caraibes et s'imposer au reste du monde, avec une reprise fulgurante vers 2007-2008. En attendant la Chine finance les Etats-Unis, soutenant le dollar américain par des prets astronomiques, tout en augmentant ses réserves de change (plus de 300 milliards de dollars en Novembre 2004). Ses concurrents les plus audacieux sont le Japon avec 600 milliards de dollars ou Taiwan avec 450 millions.
Haiti sans chercher d'autres ouvertures , reste collé sur l'araignée géante américaine qui tisse et étend ses fils au loin, sans se rendre compte que depuis les dernieres Elections presidentielles haitiennes de 1990 , elle n'est allée nulle part, a perdu 14 ans de son histoire sans regarder sa route et analyser ses propres interets. .Aujourd'hui apres les Elections de Bush, le pouvoir à Port-au-Prince ne sait pas apparemment quels sont ses propres interets se dit-on , il attend que Washington lui tienne la main. Et perdant un fil chaque jour d'avantage, chaque fois qu'Haiti met sa main dans l'assiette, elle la porte vers sa bouche. Le drame est qu'il n'y a dans l'assiette que des rêves ...
Adyjeangardy